Compte rendu de la sortie du 1er avril 2007 à Arles sur Tech
El Salt de la Maria valenta
Malgré une météorologie à tendance pluvieuse, la randonnée s’est bien passée.
Une quinzaine de membres de la SMBCN était au rendez-vous.
Euphorbia amygdaloides

Au départ de la randonnée, nous observons les vestiges d’une ancienne exploitation d’après guerre, qui s’approvisionnait du sable et du gravier drainés par l’aiguat de 40.
Des buddleias colonisent l’endroit. Les taches dorées des Euphorbia segetalis, en pleine floraison, ponctuent le bord du chemin, accompagnées bientôt par des Euphorbia amygdaloides, Euphorbia helioscopia et quelques rares Euphorbia characias .

Un lichen vert pâle envahit le tronc des chênes verts, donnant au sous- bois une luminosité particulière, subtilement tamisée par une brume légère.
Nous passons près d’un ancien bassin d’arrosage, le ruisseau qui l’alimentait autrefois est couvert de Chrysosplenium oppositifolium.

Les rochers déploient toute une collection de fougères, polypodes vulgaires, Polypodium cambricum, Asplenium trichomanes, Asplenium adiantum nigrum, Dryopteris filix mas…
Aux endroits ensoleillés, la Potentille neumanniana ouvre déjà ses fleurs jaunes.

Nous arrivons « rapidement » à la cascade « Le salt de la Maria valenta »(Le saut de Marie la courageuse).
La légende nous raconte qu’une jeune femme préféra se jeter du haut de la cascade plutôt que de subir les violences de soldats qui la poursuivaient.
Les amateurs auront pu observer la Ramondie des Pyrénées accrochée aux parois. Elle n’était pas encore fleurie
Des Polystichum setiferum déploient des frondes opulentes aux abords de la cascade et certains d’entre nous les comparent, dans un élan d’exotisme, aux fougères arborescentes des pays tropicaux. L’humidité ambiante qui vaporise leur feuillage accentue cette impression… sauf qu’il fait un peu plus froid !
Polystichum setiferum
Des touffes de Cardamine impatiens se découpent en vert foncé au pied des falaises.
Gymnosporangium
En passant près de genévriers communs, nous sommes attirés par des formes orange vif qui s’accrochent aux rameaux.
Maurice Bigorre nous dit le nom de ce champignon parasite : Gymnosporangium clavariaeforme . Il a la particularité de vivre deux phases de vie sur des hôtes différents : la première sur le genévrier, ensuite sur des arbres fruitiers, de la famille des rosacées.
Crepidotus cesatii, Daedalea quercina, Ganoderma lucidum, Geastrum triplex, Marasmius querceus
Mycena sp, Puccinia Buxi, Stereum hirsutum ont subi ultérieurement le microscope de Maurice.
Lors de la montée, d’autres cascades capteront notre regard.
Nous nous recueillerons encore au chevet d’un puits à neige en partie en ruine. Quelques réflexions à son sujet sont échangées.
De temps à autre un merisier réveille de ses fleurs blanches la léthargie d’une forêt de châtaigners.
Les feuilles mortes forment un épais tapis d’où émergent des hellébores fétides.
La traversée du cours d’eau donne toujours lieu à quelques acrobaties.
Merisier
Encore une brève montée et nous arrivons à la Santa Cova, grotte où furent cachées les reliques d’Abdon et Sennen durant la révolution française.
Une visite des lieux s’impose pour certains. Ce lieu magique nous invite à manger. Nous ne dérogeons pas l’offre et sortons le repas du sac à dos.
Avant le départ, nous invoquons les « semiots » , les reliques d’Abdon et Sennen et leur légende. Cela nous a ramenés quelque temps au dixième siècle.
Encore une brève montée, un petit tour à l’oratoire, une descente jusqu’aux véhicules, un au revoir amical.
Puits à neige
Saints Abdon et Sennen
Texte : M-A Llugany et M. Damaggio
Photos : M-A Llugany et J. Argaud